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  • Et si nous étions faits pour nous adapter ?
  • Et si nous étions faits pour nous adapter ?

    Quand le monde devient anxiogène, apprendre à surfer les vagues du changement
    27 août 2026 par
    Et si nous étions faits pour nous adapter ?
    Berenice Lubin
    | Aucun commentaire pour l'instant

    Il y a des périodes où l'on a le sentiment que le monde entier raconte une même histoire.

    Cet été en fait peut-être partie.

    Après plusieurs vagues de chaleur, les images se sont succédé. Les sols qui s'assèchent. Les incendies. Puis les pluies diluviennes, les orages impressionnants, les phénomènes météorologiques qui semblent parfois sortir tout droit d'un film catastrophe.

    Et puis il y a le reste.

    Les guerres. Les tensions politiques. Les conflits qui s'enveniment. Les tremblements de terre, les coulées de boue, les catastrophes qui arrivent à l'autre bout du monde et que nous découvrons quelques minutes plus tard sur notre téléphone.

    Tout est là. Tout le temps.

    Alors forcément, parfois, une question me traverse :

    Et nous, dans tout ça, on fait quoi ?


    Parce que nous ne sommes pas complètement déconnectés de ce qui se passe dans le monde. Nous le voyons, nous l'entendons, nous le lisons.

    Et parfois, même lorsque nous sommes tranquillement installés chez nous, notre cerveau reçoit des informations qui lui donnent l'impression qu'il faut être prêt à réagir à tout moment.

    Une guerre à quelques milliers de kilomètres. Un séisme à l'autre bout du monde. Une alerte météo sur notre téléphone. Une nouvelle catastrophe dans les informations.

    Puis une autre.

    Et encore une autre.

    Il n'est peut-être pas si étonnant que notre anxiété finisse par pointer le bout de son nez.

    Et si nous prenions un peu de recul ?


    Je me suis alors demandé si nous étions réellement devenus plus vulnérables face au changement.

    Et puis j'ai pensé à mon grand-père.

    Il a 93 ans.

    Quand je regarde le monde dans lequel il a grandi et celui dans lequel nous vivons aujourd'hui, j'ai parfois l'impression de parler de deux planètes différentes.

    Quand il était enfant, la vie quotidienne était beaucoup plus simple. Pour le petit-déjeuner, il avait une soupe de légumes. Pour avoir moins froid aux pieds, on pouvait mettre du papier journal dans ses chaussures à défaut de chaussette. La salle de bain n'était pas une évidence. Certains immeubles parisiens témoignent encore de cette époque avec les toilettes qui sont sur le palier.

    Et puis il y a eu la guerre.

    Il a connu enfant la Seconde Guerre mondiale, avec tout ce que cela impliquait de restrictions, de réorganisation et de débrouille pour continuer à vivre.

    Et après ?

    La machine à laver. La télévision. L'ordinateur. Internet. Les téléphones portables (et il sait envoyer des sms le papy!)

    Tout ça dans une seule vie.

    Quand j'y pense, je trouve ça vertigineux.

    Nous avons parfois l'impression de vivre une époque complètement inédite, où tout change trop vite.

    Mais l'être humain a toujours vécu dans un monde qui change.

    Ce qui change, c'est peut-être simplement la vitesse à laquelle nous en prenons conscience.

    Nous avons déjà eu peur du futur

    Je me souviens aussi de l'an 2000.

    Enfin… je me souviens surtout de l'idée qu'on s'en faisait.

    Le passage au nouveau millénaire avait quelque chose de particulier. Internet était encore relativement nouveau pour beaucoup d'entre nous et le fameux bug de l'an 2000 avait alimenté de nombreuses inquiétudes.

    Et si les ordinateurs ne fonctionnaient plus ? Et si les systèmes s'arrêtaient ? Et si tout se mettait à dysfonctionner au passage à l'an 2000 ?

    Il y avait évidemment des raisons très concrètes de prendre ces risques au sérieux, et beaucoup de travail a justement été réalisé pour éviter les problèmes.

    Mais symboliquement, ce changement de millénaire représentait aussi quelque chose de plus grand :

    la peur de l'inconnu.

    Et puis le 1er janvier 2000 est arrivé.

    Le monde a continué.

    Nous aussi.

    Je ne dis pas cela pour minimiser les inquiétudes que nous pouvons avoir aujourd'hui. Certaines sont parfaitement légitimes.

    Le changement climatique est réel. Les guerres sont réelles. Les bouleversements géopolitiques sont réels. Et certaines situations sont profondément inquiétantes.

    Mais il y a une chose que notre histoire peut nous apprendre :

    nous ne savons pas toujours ce qui va arriver, mais nous savons toujours nous adapter.

    L'être humain est incroyablement adaptable.

    Nous apprenons. Nous inventons. Nous changeons nos habitudes. Nous construisons. Nous nous organisons. Nous nous aidons. Nous recommençons.


    Et pendant le Covid...

    J'ai moi aussi connu cette sensation d'être submergée par les informations.

    C'était pendant le Covid. Les chiffres. Les morts. Les contaminations. Les nouvelles mesures. Les confinements. Les annonces. Encore les annonces.

    Et puis j'ai fini par comprendre quelque chose de très simple :

    je ne pouvais pas passer mes journées à regarder le monde s'agiter sur un écran et espérer que mon propre système nerveux reste tranquillement assis dans son coin.

    Alors j'ai arrêté de regarder certaines informations.

    Et j'ai commencé à regarder autre chose.

    La forêt. Les arbres.

    Je les regardais et je pensais à leur âge. À tout ce qu'ils avaient traversé. Les hivers. Les tempêtes. Les années de sécheresse. Les générations d'humains qui étaient venues s'asseoir sous leurs branches.

    Et pendant que nous courions dans tous les sens, enfermés dans nos préoccupations, à attendre la prochaine annonce, eux étaient là.

    Impassibles.

    Enfin… probablement pas complètement impassibles. Eux aussi subissent les changements de leur environnement.

    Mais ils continuaient à vivre.

    Les feuilles poussaient. Puis tombaient. Les saisons passaient. La pluie arrivait. Le soleil revenait.

    La vie continuait. Pas comme avant. Mais elle continuait. Et cette idée m'a profondément rassurée. Pas parce qu'elle réglait le problème. Mais parce qu'elle me rappelait quelque chose d'essentiel :

    la vie avance.

    Avec nous. Sans nous. Sous une forme ou sous une autre.

    Elle avance.

    Le paradoxe du changement

    C'est peut-être ça qui me fascine le plus dans le changement. Nous en avons peur parce qu'il nous enlève nos repères. Nous aimerions savoir ce qui va arriver, prévoir, anticiper, contrôler.

    Et en même temps, le changement est précisément ce qui nous permet de nous adapter.

    Nous cherchons la sécurité dans un monde stable. Mais la vie n'est jamais stable. Elle bouge. Elle transforme. Elle détruit parfois. Elle reconstruit. Elle recommence.

    Et si notre sécurité ne se trouvait pas uniquement dans la stabilité du monde extérieur ?

    Et si elle pouvait aussi se trouver dans notre capacité à traverser ce qui change? C'est finalement très Yin-Yang.

    Dans ce qui nous inquiète, il y a parfois aussi ce qui nous permet d'évoluer. Dans le mouvement, il y a aussi la possibilité de trouver un nouvel équilibre.

    Alors, on fait quoi ?

    Je n'ai évidemment pas de réponse magique.

    Nous ne pouvons pas empêcher les tempêtes. Nous ne pouvons pas arrêter toutes les guerres. Nous ne pouvons pas contrôler le climat. Nous ne pouvons pas empêcher toutes les catastrophes de se produire.

    Et nous ne pouvons même pas toujours empêcher notre anxiété d'apparaître.

    Mais peut-être pouvons-nous apprendre à la traverser.

    Parce qu'au fond, la vie ressemble peut-être davantage à l'océan qu'à une piscine.

    Il y aura des vagues. Certaines petites. Certaines énormes. Parfois, nous les verrons arriver. Parfois, non. Et parfois, soyons honnêtes, nous nous les prendrons en pleine tête. Mais on peut aussi apprendre à surfer.

    On peut apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs. À sentir quand la vague arrive. À savoir quand il vaut mieux attendre. À demander de l'aide. À trouver des appuis. À reprendre son souffle.

    Et surtout, à ne pas rester seul au milieu de l'océan en essayant de tout comprendre.

    C'est un peu ce que nous cherchons à transmettre dans notre atelier autour de l'anxiété.

    Pas une recette magique pour ne plus jamais avoir peur. Pas la promesse de contrôler ce qui se passe autour de nous.

    Mais des outils pour mieux comprendre ce qui se passe en nous, retrouver des ressources et apprendre à traverser les périodes où la mer devient plus agitée.

    Et puis, heureusement, nous n'avons pas besoin de tout savoir seuls.

    Nous pouvons observer comment les autres font. Échanger. Demander de l'aide. Apprendre de ceux qui ont déjà traversé certaines tempêtes.

    Parce que personne ne détient la science infuse.

    Nous les premières.

    Alors peut-être que face à un monde qui change, notre objectif n'est pas de retrouver un monde sans vagues.

    Peut-être que nous pouvons simplement apprendre à mieux naviguer.

    Et surtout, nous rappeler que nous ne sommes pas seuls dans l'océan.

    Il y a d'autres personnes autour de nous.

    D'autres qui ont peur. D'autres qui cherchent leur équilibre. D'autres qui apprennent à surfer, eux aussi.

    Et parfois, savoir que nous traversons la même vague ensemble change déjà beaucoup de choses.

    Une vague après l'autre.




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    # Adaptation Anxiété Résilience Émotions
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